III - Les marques d'émission au IVe siècle,

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III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par myriam le Lun 8 Juil - 23:56

Il a semblé naturel de considérer au départ que la périodicité des marques d’émissions de la dynastie Valentinienne était quadrimestrielle, calquée à la fois sur le paiement du stipendium (salaire des soldats, versé depuis l’époque augustéenne tous les 3 mois) et la levée de l’annone  payable par tiers depuis mai 366 ( tripertita conlatio ) et qui par le biais de l'adaeratio *,  pouvait se transformer en paiement numéraire pour tout ou partie.
Certains « contribuables » préférant régler leur dû en une fois plutôt qu’en trois versements, cela correspondait à une brusque rentrée annuelle de numéraire vite refondu pour être remis en circulation, les deux autres séries ne servant qu’à compléter la première. Le premier quadrimestre de l’annone se situait après les récoltes, en septembre, l’année monétaire commençait en janvier, décalage qui permettait d’éventuelles refrappes.

(*Sous Valentininen, la pratique de l’adaeratio (la possibilité de payer l'annone mais plus généralement tout impôt ou taxe en numéraire plutôt qu'en nature ou en service) s’étant développée, des barêmes officiels furent établis et modifiés chaque année selon la situation du marché et les intérêts de l’Etat.)


Mais si les Romains aiment l’ordre et sont finalement très conservateurs dans l’âme, ils sont encore plus pragmatiques, et sur ce schéma simple (et vérifié sur de courtes périodes de relative stabilité économique) il apparait que cette régularité dans les émissions fut loin d’être la règle.

C’est ce que tend à démontrer le travail de Callu que je vous résume ici.
(Callu Jean-Pierre. Aspects du quadrimestre monétaire. In: Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité T. 98, N°1. 1986. pp. 165-216.)

Pour préciser les termes, il utilise le plus souvent le mot « différent » (qu’il préfère  à « marque d’émission ») pour décrire tout sigle combinant de façon plus ou moins complète l’indication de l’atelier, de l’officine et de l’émission. Autant de «différents », autant d’ensembles monétaires distincts.

Certains ateliers comme Siscia ont connu une frappe permanente comme en témoignent leurs types et la série des officines, d’autres (Thessalonique, couplée à Siscia) complètent de façon discontinue certaines séries.
Ces marques n’intéressent pas les ateliers de l’Est qui cessent de frapper le bronze dès l’accession de Gratien à la co-régence. (Exception temporaire pour Constantinople) Cet arrêt dans les émissions  à l’est a déjà été comme nous le verrons au moment de la triarchie des fils de Constantin   un moyen adopté dans tout l’empire d’ « éponger » le surplus des émissions précédentes.

Il est naturel de penser que l’adoption de ces multiples signes concernant les deux ateliers balkaniques tire son origine de l’important besoin de numéraire exigé le long du limes danubien proche. Arles et Trèves le font de façon très erratique, Aquilée ne le fait que jusqu’en 367, Lyon est la seule à le pratiquer régulièrement . Il n’y a donc aucune uniformisation de ce système pour les autres ateliers occidentaux.

L’examen a donc porté donc essentiellement pour la période valentinienne sur les 2 ateliers de Siscia et de Thessalonique.

L’étude de 4 trésors monétaires  permet d’étudier pour Siscia dans un premier temps les disparités de grandeur pour différents quadrimestres d’une même année.

Il apparait vite qu’un nouveau sigle n’apparait pas dès qu’une certaine masse monétaire est atteinte et que la  multiplication  de ces sigles n’implique pas l’augmentation du numéraire mis en circulation.
A l’évidence certaines années n’ont besoin que d’un seul sigle, d’autres voient la multiplication de leurs différents, c’est-à-dire un découpage plus fin que le schéma de base d’une séquence quadrimestrielle. A quoi correspond cette multiplication des sigles si elle ne cherche pas à quantifier le volume de frappe ?

Pour répondre à cette question, l’auteur part du principe que cette logique de découpage n’est pas apparue brutalement à la période Valentinienne mais qu’elle est déjà opérante pendant la tétrarchie et son analyse porte sur l’étude des différents répartis sur 5 périodes historiquement et économiquement individualisables entre 294 et 364:

294 – 307
De part et d’autre de l’abdication de Diocletien (305 ) , pour les rares années où les symboles permettent de distinguer les différents quadrimestres, il s’agit d’évènements ponctuels (à Carthage en 297-298 expédition contre les Quinquegentiani d’Afrique du Nord, triomphe de Maximien, à Rome en 299 refonte des ateliers avec diminution des officines et abandon de l’alphabet grec.
Même contexte « évènementiel » signalant les successions, les réductions de poids, les séries honorifiques et les réformes dans l’attribution des sigles pour 305-307 :

- Abdication des 2 augustes, mort de Constance Chlore, (à Carthage, la suprématie d’Herculienne devient Jovienne avec Galère avant le retournement du coup de force de Maxence) réplique de la 3e tétrarchie face à Maxence (à Ticinum en 306, 4 émissions successives)

-A Rome, Carthage et Lyon, remplacement du sigle lors de la diminution du follis au 1/48e de la livre.
-Adjonction de la marque SF pour les 2 empereurs à la retraite (Seniores Augusti)

308-324 : Entre 308 et 310, Licinius est Auguste en Occident, Constantin en est le César officiel et Auguste « usurpateur »,

Après 310, Constantin reconnu Auguste par Galère, toujours Primus Augustus.

Même parcimonie dans les sigles à l’exception de Ticinum en 314, où la multiplicité des différents sur une base quadrimestrielle trouve peut-être sa cause (comme pour Carthage en 299) dans le contexte militaire (il s’agit de remplir les caisses de l’armée ou tout au moins d’effectuer une comptabilité plus stricte avant l’affrontement avec Licinius.

Plus intrigante car non « évènementielle », la reprise d’une série quadrimestrielle ou plus resserrée encore entre 307 et 311 dans les ateliers d’Héraclée, Cyzique, Alexandrie et surtout Antioche pourrait être mise sur le compte du maintien dans ces régions controlées par Galère, Maximin Daia et Licinius, de l’Edit du Maximum de Diocletien, et le contrôle des prix ne peut se faire qu’en contrôlant étroitement le volume des émissions. (Officiellement en Egypte par exemple, le prix du blé est le même en 311 qu’en 301)


Dernière édition par myriam le Ven 16 Jan - 0:23, édité 2 fois
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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par myriam le Mar 9 Juil - 0:07

312-314
Après la mort de Galère, le marquage diversifié d’Alexandrie ( zône dévolue à Maximin Daia), calqué sur celui d’Antioche, pourrait s’expliquer par la refonte des monnaies tétrarchiques, l’enrichissement consécutif du follis *, exigeant un contrôle plus étroit des ateliers. La lettre N pourrait indiquer la teneur plus élevée en argent de ces folles à 25 deniers ( RIC VII 6)

(*: Le titre en argent est alors de 4,5% pour les monnaies de billon au 1/96e)

312 : Maxence battu par Constantin, Maximin Daia par Licinius.

314-324 Guerres liciniennes entrecoupées par une trêve entre Constantin et Licinius en 317-320.
Après 318, rechute du follis qui retrouve son palier de 312 dans tout l’Empire. (Titre en argent abaissé à 3,4%)


Situation très hétérogène dans la partie occidentale (Londres voit entre 315 et 317 une multiplicité de différents sur les derniers folles au Sol Invictus, à l’inverse d’Arles et de Lyon, et portant sur de petits volumes d’émission)

319-324 : canevas quadrimestriel respecté en 320 à Ticinum et Siscia (Victoriae laetae), à Trèves, Ticinum Siscia, Aquilée et Thessalonique ( les Virtus Exercitus de 321, les Beata Tranquillitas de Trèves et Londres de 322), mais largement dépassé à Arles ou Lyon où les commémoratives (l’accession différée au césarat de Constantin II puis Licinius II , les Sarmatia Devicta) rajoutent des émissions très ponctuelles (Record détenu par les Sarmatia Devicta, aux sigles quasi mensuels ! )

324-337 Réunification de l’Empire après la mort de Licinius.

Changement radical en 324, Constantin fait main basse sur les métaux nobles de Licinius et les trésors des temples(*).

(*) Il va désormais asseoir sa politique monétaire sur le primat de l’or, (les nouveaux impôts seront exigibles en métal précieux) et sur la stabilité du solidus (Son poids environ 4 ,55 g ne variera pas jusqu’aux Comnènes, XIe siècle)

Le décrochage du nummus face aux métaux nobles , dont la valeur nominale est sextuplée entre 324 et 337, entraîne une frappe accrue et une diminution pondérale en 330 ( poids 1/140e et titre à 1,4% d’argent), et en 335 (1/192e) .

Réaction inadéquate qui se fait sur des séries uniformes sans recours aux sigles qui auraient permis de mieux contrer un emballement inévitable(*). A partir de 330 seuls les ateliers orientaux et Rome rompent brièvement cette uniformité sur les Gloria Exercitus à 2 enseignes et les commémoratives Urbs Roma et Constantinopolis.

(*) : Même si l’évaluation reste hypothétique, on estime que le pouvoir d’achat du cuivre constantinien est environ 40 fois moindre que sous Diocletien.)

337-353
- Triarchie 337-340 Le nummus reste à 1,68g et ramené à 200 deniers (150 sous Constantin) mais le virage s’opère en abandonnant l’annualisation des émissions et en recourant aux différents rapprochés permettant indirectement de juguler l’inflation. Ceci est sensible à l’Ouest et plus spécifiquement dans les ateliers de Gaule.

A Trèves on en arrive même à une mensualisation des sigles à partir des lettres I, G, M des Gloria Exercitus (Imperator Gaudium Militum ?)

-341 Victoriae DD AVGG Q NN et Vota orientaux

337-340 : Série posthume de Constantin (aeterna pietas et le revers au quadrige à Trèves, Lyon et Arles, seul le second est frappé dans les ateliers d’Orient, et toujours à la date anniversaire du 22 mai)
Par recoupements successifs en partant du début de la série des Fel Temp Reparatio marquant le 11e centenaire de Rome en 348, et en se servant de dates butoir antérieures (10e anniversaire de la mort de Constantin, émission des VOT XXV (?) de Constance II, 15e anniversaire du césarat de Constant) Callu pour faire coïncider chronologiquement le début des nouvelles émissions entre ateliers doit faire intervenir ce fractionnement inégal allant du quadrimestre pour certains au découpage mensuel pour d’autres.
Il confirme ce faisant l’hypothèse de Kent d’une fermeture des ateliers entre janvier 341 et fin 345. Mesure drastique visant à inverser la tendance d’une inflation réelle et fiduciaire devenue incontrôlable. Malgré leurs différends il semble qu’il y avait donc bien une entente commune des fils de Constantin sur la politique monétaire à adopter.
La plupart des imitations au type Gloria Exercitus dateraient de cette interruption.

Après 345 et l’assèchement provoqué par cette fermeture de tous les ateliers pour le bronze, la reprise se fait en encadrant strictement les émissions (multiplication des sigles, le découpage étant le plus marqué à Rome et en général dans les ateliers de l’Ouest)

C’est la période des commémoratives (Iust Ven Mem, Iusta Vener Memor, VN/MR ) des VOTA (VOT XX MVLT XXX, VOT XV MVLT XX de Constans ) et des Victoriae (VICT DD NN AVGG, VICTORIA AVGVSTORVM, VICTORIA AVGG)

A l’ouest en 348 on repart pour les revers FEL TEM REPARATIO avec une moyenne bimensuelle dans l’individualisation des groupes frappés, voire mensuelle pour Trèves, Siscia et Lyon.
350-353 : Usurpation de Magnence en Gaule, dans les Balkans et en Italie. Il s’ensuit l’introduction par Constance de l’Ae2 lourd (5,4g soit 1/60e de livre) et du denariorum follis, Ae2 léger ( 4,5g soit 1/72e coté 12 500 deniers) dont on pense que le premier valait le double du second.

Dans les ateliers frappant pour Magnence, l’étude des sigles là aussi montre un découpage sur une base quadrimestrielle ou beaucoup plus fine comme à Arles par exemple, et portant parfois sur de très petites émissions en volume. Volonté là aussi d’un meilleur contrôle comptable (introduction de nouvelles lettres de marquage en témoigne) peut-être couplé à des difficultés d’approvisionnement ?

C’est tout le contraire dans les ateliers orientaux de Constance II pendant la période où prédomine la maiorina lourde (351-352) au 1/60e (lettre gamma à l’avers ou au revers) puis l’Ae2 léger (lettre delta, epsilon et S à l’avers ou au revers) jusqu’à fin 353 .

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par myriam le Mar 9 Juil - 0:27

Les ateliers qui seront au centre de la zône de conflit (Siscia, Thessalonique qui frapperont les 9 derniers mois de 350 pour Vetranio, puis à Siscia brièvement pour Magnence ), Sirmium ouvert en 351 , Aquilée et Rome (reprises par Constance II) conservent une base identique de découpage et témoignent d’une production hyper contrôlée et régulière de la maiorina. (type FEL TEMP REPARATIO au cavalier et à la galère  et les 2 slogans de Vetranio conservés quelques mois : Hoc Signo Victor Eris et Concordia Militum ) (LXXII pour 1/72e pour Aquilée et Siscia)

Pour ces ateliers centraux, comme souvent noté, des structures quadrimestrielles (Thessalonique)  bimestrielles (Siscia Sirmium Aquilée)  ou mensuelles (Rome) sont maintenues , (emploi de lettres secrètes et numérotation calquée sur les ateliers de l’Est), le contrôle est toujours rigoureux.

353-363 :
Jusqu’en 358 passage du type Fel Temp Reparatio au 1/120e (lettre M= 1000e du solidus ? ) et Spes Reipublice au 1/144e  (1,96 g) .

Ce sont des années de crise économique en Gaule (*), les ateliers de l’ouest Trèves, Lyon et Arles ralentissent sensiblement leur rotation et les marques d’émission très pauvres rejoignent celles des ateliers orientaux à l’exception de Constantinople.
(*) en grande partie suite à la « trahison » de Constance II qui pour venir à bout de Magnence laissa les Alamans envahir une grande partie de la Gaule.

L’effort d’une gestion contrôlée se concentre sur les ateliers centraux, Aquilée d’avantage que Sirmium ou Siscia diversifie les sigles des Fel Temp Reparatio.
Entre 358 et 361, il n’y a plus que Siscia qui maintient un rythme soutenu sur les Spes Reipublice.

361-363 Julien II prend le contrepied de son prédécesseur qui après sa victoire sur Magnence a, comme l’avait fait Constantin, misé sur le solidus et laissé s’abaisser le follis au niveau de l’Ae4  des Spes Reipublice.

Dans des ateliers au nombre d’officines réduit en Orient et dans les Balkans, il réintroduit une monnaie lourde (entre 8,5 et 9 g) et de bon titre (l’Ae1 au taureau Apis), (avec le maintien d’un follis au 1/96e) et fait jouer deux variables d’ajustement susceptibles de défendre la monnaie : Diminution des officines (déflation) et localement multiplication des échéances de comptabilisation (jusqu’à la mensualisation pour Siscia)

364-375 Période valentinienne (on y revient enfin ! )

Valentinien pour fortifier le limes danubien fait appel au même procédé et réactive une nouvelle fois ce système de découpage temporel dans les ateliers proches (Siscia, Aquilée, Héraclée),  Lyon, atelier séculaire fera de même.

Le calendrier quadrimestriel est donc la base sur laquelle se fonde toutes les émissions au cours du IVe siècle. Il peut être temporairement ignoré, soit parce que l’appareil tourne bien, (Tétrarchies) soit parce qu’au contraire on laisse « flotter » le nummus et qu’on l’abandonne à son sort, privilégiant les monnaies de métaux nobles (327-337 et 353-362) et introduisant un découplage qui complique les échanges du quotidien, favorise l'inflation et pénalise les populations les plus pauvres.

Quand à l’inverse on tente de soutenir une monnaie affaiblie par des émissions trop fréquentes, des manipulations de poids et de titres, on cherche à mieux comptabiliser ce qui sort des ateliers en fractionnant l’année en quadrimestres, bimestres ou mois (voire moins sous Magnence) et ce découpage plus ou moins fin devient un moyen efficace de surveillance et de contrôle.

Ceci s’est réalisé 4 fois au IVe siècle :

- Accompagnant la réforme de démonétisation de 318 et faisant suite à la chute pondérale du follis de 307

- 337-339 en réaction à l’inflation galopante déclenchée par le laxisme des émissions de la période constantinienne

- 347-353, à la réouverture des ateliers, pour assurer un meilleur contrôle des flux.

- 361-375 : Après l'intermède de Julien II, Valentinien favorise lui aussi ce contrôle dans les ateliers centraux.

La multiplication des différents n’est donc pas un reflet d’une accélération du flux monétaire (la variation du nombre d’officines serait ici l’indicateur le moins mauvais). C’est un système souple qui permet à l’Etat de réagir à échéances plus ou moins rapprochées (de l’année au mois) suivant les besoins, l'urgence et les approvisionnements, de corriger des dérives antérieures, de juguler l'inflation et de tenir une comptabilité étroite de la production des différents ateliers.


Pour l'article complet:
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_0223-5102_1986_num_98_1_1497
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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par BRUTUS le Mar 9 Juil - 1:19

       spm 

Tu as gagné un bon pour 1 kg d'aspirine gratuit , à la pharmacie la plus proche ......!!!!!lol! lol! lol! 

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par myriam le Mar 9 Juil - 1:22

lol! Mais faudra que je partage avec mes (rares) lecteurs erkimimi 

Et encore, c'est moins indigeste que l'original ...
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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par Dardanvs le Mar 9 Juil - 7:46

extra mimi tu es géniale    

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par Invité le Mar 9 Juil - 9:25

   
Myriam a écrit:Et encore, c'est moins indigeste que l'original ...
Et de très loin, j'ai laissé tomber toute tentative de compréhension de l'original.

Myriam a écrit:C’est un système souple qui permet à l’Etat de réagir à échéances plus ou moins rapprochées (de l’année au mois) suivant les besoins, l'urgence et les approvisionnements, de corriger des dérives antérieures, de juguler l'inflation et de tenir une comptabilité étroite de la production des différents ateliers.

Finalement assez peu efficace, hormis pour le contrôle des flux, car l'inflation et les crises monétaires ont rarement pu être endiguées de façon pérenne, l'outil le plus souvent utilisé, avec une efficacité guère plus durable, aura été la réforme monétaire avec généralement  une forte dévaluation du bronze à la clé. Méthode toujours d'actualité. lol! 

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par myriam le Mar 9 Juil - 12:48

Je n'ai pas voulu trahir l'esprit du texte lol! 

Et d'ailleurs les successeurs de Valentinien ne poursuivront pas dans cette voie. Avec l'émission de fractions de solidus, même la silique sous Théodose subira une importante dépréciation.
Ce qui reste étonnant c'est qu'il n'est jamais apparu à grande échelle une économie de troc. L'économie monétaire toujours défendue par le pouvoir impérial aura finalement résisté.

@ Genio: La conversion en deniers n'est toujours pas claire pour moi. Les chiffres que je trouve ici ou là pour une même période sont rarement concordants, comme les parités entre monnaies et pour poursuivre ton post sur le follis, va falloir du temps ...  Genio !  lol!
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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par Siliquae le Mar 9 Juil - 13:44

Là, y'a du lourd... Va me falloir du temps, mais je vais bien le ire ce truc !

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par Siliquae le Mar 9 Juil - 13:45

Là, y'a du lourd... Va me falloir du temps, mais je vais bien le lire ce truc !

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par BRUTUS le Mar 9 Juil - 15:05

Tout le problème de cette thèse , qui me semble bien appuyée et certainement pour beaucoup dans le vrai , c'est qu'elle démontre qu'il existait une règle/système , mise en place , mais qui était loin d'être immuable , étant modifiée/décalée , au gré des événements militaires et fluctuations economiques , souvent associées aux premières........!!!   

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par Invité le Mar 9 Juil - 16:58

myriam a écrit:Je n'ai pas voulu trahir l'esprit du texte lol! 
Bah voilà, ça t'apprendra à être fidèle au texte.  

@ Genio: La conversion en deniers n'est toujours pas claire pour moi. Les chiffres que je trouve ici ou là pour une même période sont rarement concordants, comme les parités entre monnaies et pour poursuivre ton post sur le follis, va falloir du temps ...  Genio !  lol!

Pour te rassurer (ou pas lol! ) même l'auteur tient des propos contradictoires pour servir sa démonstration. Donc du temps, tu peux en prévoir un peu plus et s'il t'en reste, on pourra toujours le convertir en deniers.erkimimi 

 

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par myriam le Mar 9 Juil - 20:41

lol! Oui mais quel denier? C'est ça le problème, la polysémie des termes (denier, follis, nummus) ou sigles (XXI, XIIgamma) et si la polysémie n'est pas répréhensible en soi (ce n'est pas le fait d'être marié avec plusieurs israélites, je préfère prendre les devants  ) c'est quand même drôlement enquiquinant!
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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par BRUTUS le Mar 9 Juil - 22:40

Oui , mais la polysémie française , c'est fort agréable pour des vacances mer/soleil ....!!!!(même si c'est loin ...!!!affraid )

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par Invité le Mer 10 Juil - 10:19

Et si on convertit en deux niais, ça rentre dans le cadre de la polysémie (française ou autre) ou ça reste une simple homonymie orale? clown

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par myriam le Jeu 11 Juil - 0:59

lol! Quelle que soit la facture, j'en prends la moitié à mon compte bien sûr!  

Un petit supplément sur les marques elles-mêmes:


Eléments figurés : Etoile, croissant, point, bouclier, feuille, palme, soleil, chrisme…

• Concernant les « lettres secrètes », mal nommées, même si nous en avons perdu la clé pour la plupart : ce sont au contraire « des slogans sous forme de lettres couplées, intégrant un message politique qu’on retrouve au premier quart du siècle dans les ateliers de l’Ouest et à Alexandrie »:
Londres TF (temporis felicitas ?) , SF (saeculi felicitas ?) ,SP, PA, FB,
Trèves SF, SA, SC, TF, AS, FT
Lyon TF, SC, FT, SF, AS, CR
Arles ST, TF, MF, RS, CS
Ticinum PR
Rome SF, CS, PR
Aquilée, Siscia, Thessalonique SF
Alexandrie SC, PR, SR

A part,  le SF tétrarchique des Seniores Augusti (Senior Felicissimus) marquant leur statut particulier, à Alexandrie, Rome, Carthage (var. SEF), Siscia.

Lettres isolées ou couplées, dont certaines ont un sens religieux (le I/H à Carthage, H à Rome pour Iovius et Herculius, adjectif réservé aux 2 Augustes)
d’autres caractérisant Rome : RE (Roma Eterna propose Callu, mais RA  conviendrait mieux pour Roma Aeterna ?) RS, RF  (Roma Felix ?) , RB (Roma Beata ?), (quid du MLL de Londres ?),

D’autres sont plus douteuses : celles des VOTA (X, KX, KV, KP, XK), (V,VI,VII à Siscia, Aquilée et Thessalonique  = Vicennalia Imperatoris ?)

Enfin des lettres de valeur :XXI pour Siscia et Alexandrie, dont le sens exact est très discuté…)  N (pour Nummus ?) à Arles, Nicomédie, Siscia, Alexandrie, Lyon
CIHS de Lyon : sens religieux ou compte en sesterces ?

Des sigles plus complexes avec monogrammes (période Valentinienne à Siscia) peut être dans certains cas les initiales des monétaires? Le cas est plus simple pour le OF (de OFficina) I, II, III d’Arles et de Lyon.
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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par Dardanvs le Jeu 11 Juil - 9:02

Merci Myriam, super intéressent tout ça !!!  

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par BRUTUS le Jeu 11 Juil - 14:37

Une bonne nouvelle , afin de financer et vous aider dans vos recherches et travaux dans cette voie , je vient d'obtenir un accord de sponsoring (en nature.....) de la part des laboratoires Roche et Sanofi......!!!   

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par Invité le Jeu 11 Juil - 16:50

Tu aurais dû aller voir Sandoz, ils ont l'air plus intéressés par la question. Ils ont leur propre différent monétaire lol! 

Postée ce jour sur FAC
L'Id. ici : http://www.forumancientcoins.com/fakes/displayimage.php?pos=-3680


Dernière édition par Genio popvli romani le Ven 12 Juil - 8:29, édité 1 fois

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par BRUTUS le Jeu 11 Juil - 23:38

Une vraie boucherie , Sandoz ......!!! mimi2 

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par Invité le Ven 12 Juil - 10:42

Pour le RIC VIII qui n'est pas le plus fourni diversité de monnayage, les marques d'émissions, ça donne: 


L'avantage, c'est que ça permet de retrouver une monnaie assez simplement même lorsqu'elle comporte des éléments illisibles. Wink

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par elagabale2000 le Lun 15 Juil - 15:57

Super travail Myriam   La théorie de Kent sur la fermeture des ateliers entre 341 et 345 est dorénavant abandonnée : de 341 à 347 le type VICTORIAE DD AVGG Q NN est le type de petit bronze frappé

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par myriam le Lun 15 Juil - 23:57

J'attendais cette remarque car ces dates sont bien remplies dans la BDD.
Bref je me suis bien cassé les pieds sur un article déjà has been... lol! 

Si tu as des articles plus récents à me conseiller sur des thèmes qui peuvent intéresser le forum, n'hésite pas, en faire un résumé c'est aussi une bonne façon pour moi de remettre de l'ordre dans un esprit passablement embrouillé   Wink
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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par elagabale2000 le Mar 16 Juil - 9:37

Je n'ai pas un aussi bon esprit de synthèse (ni un aussi bon orthographe) pour ça lol! En tous les cas il me faut beaucoup plus de temps que toi je pense .

Pour ce qui est de l'article de M. Callu j'ai cru comprendre qu'il a divisé le nombres de différents de Siscia par le nombre d'années de règnes de Valentinien / Valens et qu'il est tombé sur un nombre lui permettant de valider une idée de répartition par quadrimestres ... Bien entendu ce calcul ne tiens pas compte des nouvelles marques découvertes depuis.

J'ai énormément de mal à comprendre M. Callu, contrairement au Pr Bastien par exemple qui se lit extrêmement bien tout en donnant un maximum d'information.

Je ne comprends pas le système qui permet de calculer le nombre de monnaies produites à partir des différents qui y sont apposés : contrairement à certaines monnaies de la républiques romaines ou le numéro de coins est indiqué (duquel on peut extrapoler un chiffre de production) ici nous avons des marques obscures.
L'atelier est sous contrôle strict de l'administration romaine qui doit savoir exactement quelle quantité il faudra frapper, je ne comprends pas la nécessité du contrôle de la quantité produite car c'est l'administration qui fournit la matière première et elle sait ce qu'on peut en tirer scratch 

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Re: III - Les marques d'émission au IVe siècle,

Message par Invité le Mar 16 Juil - 10:02

elagabale2000 a écrit:
....
Je ne comprends pas le système qui permet de calculer le nombre de monnaies produites à partir des différents qui y sont apposés : contrairement à certaines monnaies de la républiques romaines ou le numéro de coins est indiqué (duquel on peut extrapoler un chiffre de production) ici nous avons des marques obscures.  
L'atelier est sous contrôle strict de l'administration romaine qui doit savoir exactement quelle quantité il faudra frapper, je ne comprends pas la nécessité du contrôle de la quantité produite car c'est l'administration qui fournit la matière première et elle sait ce qu'on peut en tirer scratch 

Ce qui tendrait donc à confirmer que ce système de marquage a bien une valeur temporelle et non quantitative. On change de marque au bout d'un certain temps et non au bout d'une certaine quantité ce qui peut expliquer par ailleurs le fait que certaines émissions (un différent particulier) soit plus abondantes que d'autres.

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